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25 Sep 2021

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À Nantes, les startups « jouent collectif » pour capter l’attention de l’international
Tech, World

À Nantes, les startups « jouent collectif » pour capter l’attention de l’international 

Nantes fourmille de startups. Son écosystème, labellisé Métropole French Tech en 2016, est irrigué par des établissements d’enseignement supérieur, d’institutions et de grands groupes industriels. Un cocktail idéal et prescrit afin de faire émerger des entreprises innovantes. « Tout le monde se connaît et les échanges vont bon train » , assure ainsi à Maddyness Adrien Poggetti, le directeur de la French Tech Nantes. Parce que, dans cette capitale régionale, l’entraide est ancrée dans les mœurs à écouter les acteurs locaux interrogés. Ce jeu collectif – marque de fabrique des heures de gloire de l’un des symboles de la Ville, le FC Nantes –, c’est ce qui a permis à son écosystème de se fédérer aussi efficacement… et de continuer à croître. Cet état d’esprit, couplé à un cadre de vie attractif, permet aux startups de la cité des ducs de recruter des profils de haut vol – ce qui peut se révéler plus difficile dans d’autres villes comparables.

Des startups issues de divers secteurs

Certaines licornes ne s’y trompent pas. C’est à Nantes que Doctolib a ouvert ses premiers bureaux hors de la région parisienne, au printemps 2020, au détriment de Lyon. Le site accueille 500 des salarié·e·s de la plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne. Bien avant son arrivée, des scaleups telles que Lengow – spécialiste de l’e-commerce dont la solution aide ses clients à optimiser la visibilité de leurs produits en ligne – ou bien iAdvize – expert du marketing conversationnel – ont fait sa renommée. « La dynamique s’est amplifiée grâce à la French Tech et la maturation de ces acteurs de premier plan » , constate Adrien Poggetti, selon qui quelque 300 startups ont leur siège dans la métropole nantaise. L’une des spécificités du territoire : aucune thématique n’a phagocyté les autres. Le tissu est riche et très diversifié.

Énergie, santé, e-commerce… « Même si l’industrie et le retail constituaient, à l’origine, les secteurs dominants, Nantes a longtemps été enclavée. En a découlé une culture que l’on pourrait qualifier d’auto-suffisante, qui pousse les acteurs locaux à s’emparer de tous les sujets » , relève Adrien Poggetti. Les multiples porteur·euse·s de projet sont choyé·e·s : les programmes d’accompagnement sont très nombreux, à l’image de La Cantine Numérique ou d’ADN Ouest.

« Nous avons co-fondé 9 startups à impact positif depuis 2017, expose Rob Spiro, directeur d’Imagination Machine, une startup studio dont le nom rend hommage aux fameuses Machines de l’Île. Le nombre de candidatures ne cesse d’augmenter. Nous en recevons une centaine par mois, dont une bonne moitié ne vient pas de Nantes. » Et les profils expérimentés deviennent monnaie courante, ce qui contribue au succès de la ville des bords de Loire.

Séduire les talents comme les investisseurs

Presque systématiquement citée dans les classements des villes françaises où il fait bon vivre, Nantes rayonne bien au-delà des frontières du Grand-Ouest. Développeur principal au sein des Mini Mondes – une startup qui commercialise des jouets pour enfant éco-conçus et des carnets de voyage sur abonnement –, Mathieu Martinet arrive de Paris. « Depuis 2019, l’idée de quitter la capitale me trottait dans la tête pour gagner en qualité de vie, raconte le professionnel, qui a précédemment travaillé pour Capgemini. Nantes est riche culturellement et sa taille idéale » . Ce qui lui a fait choisir Nantes ? L’accent mis sur les entreprises à impact positif. « On sent le virage qui a été pris en la matière. Cet ADN, cultivé par Imagination Machine, se ressent dans chaque jeune pousse » , observe-t-il, appréciant aussi le « discours franc, honnête et argumenté sans bullshit » du startup studio.

Une volonté revendiquée par le responsable de la French Tech Nantes. « Nous voulons pousser les boîtes à impact, qui s’inscrivent dans la Tech4Good au sens large » , indique Adrien Poggetti, qui constate un mouvement en ce sens à travers les « 20 à 40 startups qui se créent chaque année » sur le territoire métropolitain. Fondée en 2017, Jho illustre bien ce phénomène. Ses protections périodiques en coton bio sont une alternative aux produits fabriqués en plastique et requérant l’utilisation de chlore. Et la startup croule, elle aussi, sous les candidatures. « Elles sont surtout parisiennes, note Dorothée Barth, co-fondatrice. Ces profils sont prêts à faire un petit effort sur le salaire pour trouver l’équilibre entre vies pro et perso » . Le salaire ? Un enjeu majeur. Si la plupart des entrepreneur·euse·s disent que les postulants alignent généralement leurs prétentions avec les moyens des startups, il s’agit là d’un levier important pour attirer les talents et ainsi développer l’écosystème.

C’est pourquoi Imagination Machine a levé des fonds fin 2019. Le startup studio souhaitait augmenter le salaire des porteur·euse·s de projet et attirer des profils confirmés, à l’instar de Mathieu Martinet. « Le recrutement se fait parfois même à distance. Certains choisissent de travailler pour des startups nantaises tout en habitant à Paris » , indique Rob Spiro, qui remarque que les candidatures extérieures à la région « progressent tous les ans ». Pour autant, la carte des locaux est loin d’être sous-utilisée. « La culture de l’innovation nourrit le terreau de jeunes talents, estime Christophe Pilcher, directeur marketing chez Teester, qui met au point une plateforme permettant aux consommateur·rice·s de publier des vidéos pour soutenir les marques. Cela n’empêche pas, en parallèle, de favoriser la venue de cadres expérimentés » . Et Johan Ricault, co-fondateur du service de livraison à domicile entre particuliers Shopopop, d’ajouter : « Les profils que nous avons dans l’entreprise sont des profils capés en devenir. Il n’est pas toujours opportun d’aller chercher des rockstars. »

S’internationaliser reste complexe

En 2020, le montant total des levées de fonds menées par les startups nantaises s’élevait à 83 millions d’euros. Un chiffre légèrement en-deçà des performances habituelles, du fait de la pandémie de Covid-19. « Il se situe, en temps normal, dans une fourchette allant de 90 à 120 millions d’euros » , pointe Adrien Poggetti, mettant en avant le record de 2018 – 124 millions d’euros. Pour autant, les dirigeant·e·s installé·e·s dans la capitale régionale font encore part de difficultés à attirer les gros fonds d’investissement.

« Il faut que les investisseurs comprennent qu’il y a des talents en dehors de Paris et HEC »

« Il s’agit davantage d’un déficit de visibilité que d’un déficit de qualité des projets » , martèle pourtant Johan Ricaut. Dorothée Barth abonde en ce sens : « Il faut que les investisseurs comprennent qu’il y a des talents en dehors de Paris et HEC. Le fait qu’on soit provinciales a été un vrai sujet lors de notre amorçage « . Ces difficultés à réunir des fonds peuvent parfois pénaliser le développement des entreprises locales. Un phénomène qui n’est pas propre à Nantes. « Le financement est principalement à Paris, mais cela change. Fonds, banques et acteurs économiques régionaux sont très dynamiques et cela compense » , avance ainsi Reynald Naulleau, fondateur de Vite Mon Marché, dont le service met en relation les client·e·s avec les producteur·rice·s et artisan·e·s. GoCapital est l’un de ces fonds qui structurent le territoire.

« Il y a encore de la place pour un ou deux autres comme celui-là » , lance Adrien Poggetti, qui estime toutefois que « le financement n’est pas un problème majeur, car les projets solides trouvent les fonds nécessaires » . D’après Rob Spiro, « les acteurs parisiens sont de plus en plus à l’aise avec l’idée d’investir à Nantes ». Le fondateur d’Imagination Machine espère toutefois que cela permettra de faire connaître la ville à l’étranger – l’une de ses faiblesses selon l’ex-entrepreneur qui a vendu sa startup à Google — qui juge la métropole « très peu internationale » et les startups « trop axées vers les seules opportunités françaises en matière de business ».

Aux besoins ponctuels de financement s’ajoute, d’ailleurs, l’abandon du projet d’aéroport international à Notre-Dame-des-Landes. « C’est un sujet sensible, bien qu’il soit clos. Les infrastructures actuelles sont de taille régionale. Il faut rendre l’accès plus facile à l’échelle mondiale » , réclame Reynald Naulleau. Même son de cloche du côté de Johan Ricaut : « Ce qui peut manquer est un aéroport digne d’une métropole économique européenne » . Le réseau, qui constitue le principal avantage du « jeu collectif » auquel disent se livrer les jeunes pousses nantaises, permet jusqu’ici de pallier ces difficultés. Résumant la position de dizaines de ses homologues, Johan Ricaut salue « l’altruisme » des membres de l’écosystème, que « les anciennes générations d’entrepreneurs font vivre en se rendant disponibles pour aider les nouvelles » . Et de prendre les paris : « Si Nantes continue d’évoluer dans ce sens, son aura dans l’environnement tech français continuera de se renforcer. Nous avons tous les atouts pour perdurer comme territoire d’innovation, d’entrepreneuriat et initiatives en tout genre. »

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