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24 Sep 2021

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Bitclout, une mystérieuse bourse de célébrités aux investisseurs prestigieux
Newsbeat

Bitclout, une mystérieuse bourse de célébrités aux investisseurs prestigieux 

Bitclout, une mystérieuse bourse de célébrités aux investisseurs prestigieux Lancée le 23 mars par une équipe anonyme, cette plateforme crypto permet d’acheter des jetons représentant des célébrités ou influenceurs… sans leur consentement.

21 940 dollars pour Justin Bieber. 72 678 dollars pour Elon Musk. 10 323 dollars pour Lady Gaga. Ce n’est pas le prix à payer pour rencontrer votre idole mais celui pour en posséder une partie. Vous avez bien lu : posséder. Depuis mardi 23 mars 2021, il est possible d’acheter un token (ou jeton numérique) représentant une célébrité sur Bitclout. Cette nouvelle plateforme permet d’investir dans 15 000 stars ou influenceurs. Pour détenir un petit bout de Justin Bieber, un utilisateur doit déposer du bitcoin sur la plateforme qui est ensuite converti en tokens Bitclout, le BTCLT.

© Capture d’écran JDN

Comme pour une plateforme de trading, vous avez un cours, un nombre d’actifs en circulation et une valorisation. Notre Justin Bieber (capture d’écran ci-contre) est actuellement valorisé 5 millions de dollars, soit plus que la reine des influenceuses, Kim Kardashian qui ne vaut “que” 3,74 millions de dollars. Cet écart s’explique par la popularité de nos deux stars sur Twitter. Le montant de tokens a été fixé proportionnellement à leur nombre de followers sur le réseau social (114 millions pour Justine Bieber versus 69,5 millions pour Kim Kardashian). La tendance pourrait s’inverser si les fans de KK décident de se ruer sur Bitclout. La loi de l’offre et la demande s’appliquant, la crypto de Kim prendrait alors de la valeur.

“Bitclout a transformé les gens en valeur spéculative. C’est de la monétisation des influenceurs puissance 1 000”, lâche Redouane Ramdani, fondateur de Snipfeed, sorte de Shopify pour les créateurs de contenus. D’après le fondateur de Bitclout, interrogé par plusieurs médias américains, “il n’y a techniquement pas de limite d’offre sur les BTCLT”. L’offre de ces jetons est contrôlée par des teneurs de marché automatisés (comme Uniswap ou Curve) dont certains augmentent la valeur au fur et à mesure que des jetons sont émis. Le fondateur assure que les mineurs sécurisant le réseau gagneront également des BTCLT (quand ?) mais pour l’instant le code n’est pas en libre accès, ce qui ne permet pas de rejoindre le réseau sans autorisation. Pas très décentralisé pour le moment donc. Ce qui ne plait pas trop à l’écosystème crypto.

Pas de consentement

Le manque de décentralisation n’est pas la seule polémique qui tourne autour de Bitclout. Controverse numéro 1 : il est possible d’acheter des tokens BTCLT mais il n’est pas possible de les retirer. Le fondateur indique que cette option sera disponible (quand ?) en soulignant que deux exchanges crypto, Coinbase et Gemini (des frères Winklevoss), sont au capital de la plateforme. “Pour l’instant, c’est assez nocif à la fois pour les utilisateurs et les créateurs car si Bitclout s’écroule, vous n’avez rien en échange”, fait remarquer Redouane Ramdani.

© Capture d’écran JDN

Controverse numéro 2 : les stars en question n’ont pas forcément choisi d’apparaître sur cette plateforme. Bitclout a gentiment scrappé les comptes Twitter de 15 000 stars et leur a créé un profil sur la plateforme. Pour savoir si votre star préférée a validé son compte sur Bitcloud, une encoche bleue apparaît à côté de son nom (un peu comme sur Twitter, mais ce n’est pas la même bleu !). “Référencer des gens sur une plateforme sans leur accord c’est classique dans la Silicon Valley. C’est comme ça qu’ont commencé la plupart des réseaux sociaux. On vous crée un profil et vous réclamez ensuite votre compte. C’est une bonne manière pour faire venir des influenceurs”, souligne Redouane Ramdani. Une loi américaine, adoptée en 1998 et baptisée Digital Millennium Copyright Act, protège certes les droits d’auteur sur Internet, mais elle n’empêche pas un tiers de poster un contenu qui ne lui appartient pas…jusqu’à ce que le propriétaire demande à ce qu’il soit retiré. Comme vous pouvez le constater ci-contre, Justin Bieber n’a pas donné son accord. 

“Référencer des gens sur une plateforme sans leur accord c’est classique dans la Silicon Valley”

En revanche, les deux frères Winklevoss (qui revendiquent la paternité de Facebook) et entrepreneurs dans la crypto sont bien “certifiés”. Rien d’étonnant puisqu’ils font donc partie de la myriade des prestigieux investisseurs de Bitcloud. D’après le site spécialisé Coindesk, Sequoia Capital, Andreessen Horowitz, Social Capital, TQ Ventures ou encore Coinbase Ventures ont mis au pot. Le montant collecté n’est pas connu mais d’après le média spécialisé Decrypt, un wallet connecté à Bitclout a reçu l’équivalent de 165 millions de dollars en bitcoins. Mais comment un projet peu connu et polémique a-t-il réussi à lever autant d’argent ? Probablement grâce à l’équipe derrière mais celle-ci, tout comme le fondateur, reste anonyme. Redouane Ramdani parierait sur un vétéran de la Silicon Valley. “Il faut un gros profil pour lever auprès de Sequoia ou Andreessen. En plus, il connaît tous les codes de la Silicon Valley : le scrapping, le fait de ne pas demander le consentement…il fonce”, note le dirigeant. Un entrepreneur du secteur de la crypto pense qu’il s’agit de Nadar Al-Naji, fondateur de Basis, un projet de stablecoin enterré, et ancien de Google. Il vient d’ailleurs d’envoyer une lettre au prétendu fondateur de Bitclout pour l’attaquer en justice. Devinez pourquoi ? Car il apparaît dans la plateforme mais n’a pas donné son consentement.

Controverse numéro 3 : la nature du token BTLCT n’est pas très claire. Elle a de grandes chances (ou malchances) d’être classée comme un security par le gendarme financier américain, ce qui implique des réglementations strictes. “C’est comme si vous achetiez des actions de Justin Bieber”, souligne Redouane Ramdani. C’est le statut dont a hérité Fyooz, une plateforme qui permet aux fans de parier sur des stars ou créateurs de contenus mais également de bénéficier de privilèges. Si vous achetez 10 coins de Justin Bieber (il n’est pas sur la plateforme mais on garde notre exemple), vous obtiendrez son futur album un mois avant sa sortie officielle. Le token est rattaché à un objet ou une expérience, c’est ce qu’on appelle un social token. D’autres plateformes comme Rally et Roll se sont aussi lancées sur ce créneau. Ces trois sites permettent également aux créateurs de créer des NFT (des non fongible token), des cryptomonnaies non interchangeables. Vous pouvez par exemple acheter une chanson de Justin Bieber sous la forme d’un NFT et être le seul au monde à le posséder. Ça vaut certainement bien plus que 5 millions de dollars.

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