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25 Sep 2021

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La fintech et l’insurtech en 2021 : quelles perspectives ?
Newsbeat

La fintech et l’insurtech en 2021 : quelles perspectives ? 

Michele Foradori, directeur d’investissement au sein du fonds spécialisé BlackFin Tech, revient sur les prévisions qu’il avait faites pour 2020 et partage sa vision des tendances à suivre dans la fintech et l’insurtech en 2021.

Si l’on m’avait dit, début 2020, que je me retrouverais en fin d’année à rédiger cet article confiné dans mon appartement parisien – je n’y aurais jamais cru. A bien des égards, 2020 restera dans les annales comme une année mémorable. Que l’on décide d’y voir un coup du sort ou le reflet de la théorie du Cygne noir de Nassim Nicholas Taleb en 2007, personne n’avait vu venir la pandémie Covid-19 (à part peut-être… Bill Gates). Sans trop s’attarder dessus, il est indéniable que cet événement a eu un impact énorme sur nos modes de vie.

Bilan des prédictions 2020

Revenons sur les prédictions que l’on avait dressées l’an dernier pour la fintech et l’insurtech en 2020, et qui s’articulaient autour des trois grands axes suivants :

  1. Le développement de nouveaux business models autour du crédit
  2. La montée en puissance des outils qui améliorent le pilotage financier des entreprises
  3. L’effort intense de digitalisation et d’innovation déployé par les corporates

Les analyses appuyées par notre base de données interne tendent à confirmer ces prédictions :

1. 2020 a été une année riche pour les business BNPL (“Buy Now, Pay Later”) qui, stimulés par la frénésie du e-commerce, ont suscité l’intérêt des investisseurs institutionnels et retail. La levée de fonds massive de Klarna et l’introduction en Bourse réussie d’Affirm suffisent à elles seules à le prouver. On peut dire la même chose des solutions de financement basé sur les revenus (RBF pour “Revenue-Based Financing”) comme Uncapped et des produits visant à développer la résilience financière des salariés, à l’image de Symmetrical.ai ou de Wagestream.

En quelques chiffres : 10% des deals de 2020 concernaient des business relatifs au lending (contre 5% en 2019). Plus de la moitié de ces deals incluait un mix d’equity et de dette. En termes de montants levés, ces opérations ont représenté environ 9% des montants totaux levés en 2020 (c’est-à-dire 700 millions d’euros), et si l’on applique un coefficient à Klarna, cela représente 17% des montants levés (contre 12% en 2019).

2. 2020 a donné raison à notre prédiction relative aux outils de pilotage financier : de nombreux fonds ont investi dans des solutions à destination des PME, qu’elles relèvent du cashflow management (Agicap), de la comptabilité (Silverfin) ou des achats (Plaid).

En quelques chiffres : un peu plus de 36 opérations ont été recensées dans le secteur des outils de pilotage financier (ce qui correspond à 6% du nombre de deals total). On n’inclut pas dans ces chiffres les néobanques qui proposent des fonctionnalités de comptabilité. Pour un segment encore en phase de développement précoce, de tels chiffres sont impressionnants.

3. Inutile de s’étendre sur cette troisième tendance : la pandémie a à coup sûr catalysé la digitalisation des corporates, pour 2020 et les années qui suivront.

6 prévisions pour 2021

Dans un monde aussi incertain, peut-on encore se risquer à faire des prévisions pour 2021 ? Chaque membre de l’équipe d’investissement a proposé une tendance qu’il voit se dessiner dans un futur proche.

Les nouvelles frontières des paiements

L’industrie du paiement va subir des innovations autour de deux grands thèmes dans les années à venir : les paiements de compte à compte et les paiements B2B. Les premiers regroupent toutes les méthodes de paiement qui proposent une alternative moins chère, plus rapide et plus sûre aux cartes bancaires. Le second concerne les plateformes de paiement qui proposent de nouvelles expériences aux clients entreprises.

Nous avons déjà assisté à un renouveau de l’expérience pour les paiements de compte à compte : les approches innovantes d’acteurs comme GoCardless ou Yapily sont sur le point de rendre obsolètes les cartes de paiement. 2021 dévoilera le potentiel de ces nouvelles expériences de paiement, soit par l’édition de nouveaux standards, comme l’Instant SEPA, soit par l’innovation technologique. Dans tous les cas, il est probable que l’industrie du paiement tremble à nouveau.

La deuxième opportunité majeure réside dans la sphère B2B, segment du paiement qui pèse plus de 100 000 milliards d’euros mais qui est encore largement dominé par des process papiers. Les opportunités sont grandes, des marketplaces à les gestion de trésorerie. Le développement rapide des solutions de comptabilité basées sur le cloud et des logiciels de productivité, couplé à la vague d’innovation déclenchée par la DSP2, a permis aux fintech d’innover sur toutes les strates du pilotage financier des PME – le paiement constituant la plus grosse opportunité en termes de taille de marché. Des start-up comme Libeo en France, Likvido au Danemark et Billhop en Suède ont commencé à défricher ce segment, et les nouveaux venus ne vont pas tarder à pénétrer le marché. Sur un autre crédo, les marketplaces B2B qui commencent à émerger (comme ManoMano ou Mirakl) ouvrent des perspectives énormes aux nouveaux acteurs qui facilitent le paiement et aux logiciels vendeurs indépendants (incluant des outils financiers) afin d’enrichir l’expérience de paiement pour les entreprises. Essayez juste d’imaginer le potentiel des solutions “Buy Now Pay Later” pour des clients business…

Le momentum du SaaS B2B pour les banquiers et assureurs

Le besoin de diversifier les stratégies d’innovation se faisait ressentir bien avant que la pandémie ne frappe les banques et les assureurs (B&A). D’une part, les B&A ont dû s’adapter rapidement au télétravail et tout mettre en œuvre pour faciliter son adoption. D’autre part, ils ont fait face à une utilisation accrue de leurs interfaces digitales (via leur site et leurs applications) – tout comme celle des fintech et insurtech concurrentes. Une étude d’EY montre que 2021 sera l’année où les banques et assureurs vont procéder à des cessions ; or 43% des sommes récupérées pourraient être ré-investies dans le renforcement de leurs stratégies digitales et de leurs technologies d’innovation. C’est l’occasion rêvée pour les logiciels indépendants, en particulier ceux qui reposent sur le cloud et les API, d’augmenter leur pénétration du marché, en élargissant également leur gamme de produits. En même temps, les banques et assureurs ont l’opportunité de passer “d’une stratégie d’innovation défensive à une approche offensive, évitant par la même le risque de désintermédiation qui va les menacer dans les années à venir”, selon Alex Rampell du fonds américain a16z. L’adoption d’une stratégie offensive pourrait se traduire par une recrudescence de l’activité M&A, dans la continuité de 2020, à un moment où les entreprises tech sont très bien valorisées par le marché. 

Vers quelles cibles ces acteurs pourraient-ils se tourner ?

  • Pour les banques : les plateformes de core banking nouvelle génération (ThoughtMachine, Modularbank, Mambu), les logiciels AML (Salv, Lucinity), les logiciels de détection de fraude (Ravelin, Feedzai), les partenariats avec des solutions tech pour convertir les leads entrants en clients (Pretto, Younited Credit)
  • Pour les assureurs : les solutions back-end (Instanda, Tech11, Friss, Shift Technology), les start-up qui permettent aux assureurs d’élargir leurs réseaux de distribution (Penni.io), ou encore de pricer plus efficacement le risque (HyperXponential, Akur8).

Le grand retour des IPO pour les fintech européennes

Les rumeurs récentes qui annonçaient l’introduction en bourse de Transferwise pour 2021 témoignent du désir de voir se concrétiser des IPO en Europe. Dans le sillage des success stories d’IPO américaines en 2020, nombreux sont les géants de la tech européens qui pourraient choisir de suivre la même voie – et les fintech n’échapperaient pas à la règle. Le débat sur le fait de savoir si l’introduction en bourse est pertinente en Europe ne date pas d’hier : l’absence d’investisseurs internationaux ou compétents sur les sujets tech, ainsi que l’alourdissement des process et la perte d’agilité pour l’entreprise qui s’introduit en bourse ne plaident pas en faveur de l’IPO. D’autant moins dans un contexte où l’argent abonde sur les marchés privés… Néanmoins, la popularité actuelle des actions tech en Europe, couplée à la probabilité de voir baisser le nombre d’acquisitions supérieures à 500 millions d’euros (à cause des niveaux extrêmement élevés de valorisations) pourraient inciter les entrepreneurs et investisseurs à choisir l’IPO comme solution de financement et de liquidité. S’introduire en bourse demeure en effet le seul moyen, à l’heure actuelle, de faire grossir son entreprise tout en restant indépendant.

La question qui se pose alors est celle du timing de l’entrée en Bourse, et de sa localisation. Le London Stock Exchange est l’option naturellement privilégiée par bon nombre d’entreprises européennes, d’autant que le gouvernement britannique déploie des efforts de lobbying pour attirer les meilleurs acteurs sur sa place financière – allant même jusqu’à considérer l’autorisation d’une structure d’action de classe double pour concurrencer la bourse d’Amsterdam.

En 2020, la nouveauté porte sur la façon de s’introduire en bourse : de manière traditionnelle ou en choisissant le direct listing, à la manière d’un Spotify. En outre, l’Europe pourrait suivre la tendance des SPAC (“Special Purpose Acquisition Companies”) qui a fait fureur aux US en 2020 – on en voit déjà l’exemple avec le SPAC de Xavier Niel, 2MX Organic.

Quels seraient les candidats idéaux des IPO dans la fintech ? Sifted cite plusieurs pistes : TransferWise, WorldRemit, Trustly, Checkout.com, Interactive Investors – auxquels pourraient s’ajouter Klarna, OakNorth, SumUp, Rapyd et Raisin. On pense aussi à Revolut, bien que l’horizon de temps soit peut-être un peu plus lointain (2022-2023) en dépit de la demande pressante des investisseurs.

Encore plus d’innovation dans le secteur du prêt

C’était l’une de nos prédictions majeures l’an dernier : la part croissante des solutions de crédit innovantes telles que le “Buy Now Pay Later” et le “Revenue Based Financing” (financement basé sur les revenus). En 2021, nous anticipons non seulement l’accélération de cette tendance, mais surtout une attention accrue à l’égard des modèles traditionnels (mais digitaux) de prêt. Si l’état actuel de l’économie dégradée par la crise sanitaire ne pousse pas à croire à l’émergence de tels modèles, certains faits corroborent une telle hypothèse.

D’abord, la Banque centrale européenne et sa stratégie d'”helicopter money” ont décuplé la capacité de prêt des banques – tout en s’assurant de respecter les Accords de Bâle. Pour distribuer ces prêts, les banques se heurtent aux limites de leur modèle traditionnel d’agences, mis à mal par la crise sanitaire, et vont donc devoir faire appel aux solutions digitales comme Younited Credit ou Ezbob.

Ensuite, les banques digitales et néobanques voient s’accumuler de plus en plus de dépôts – ce qui représente un coût d’opportunité et un coût financier, quand le taux d’intérêt à un jour est négatif (ce qui est actuellement le cas). Suivant ce raisonnement, les dépôts devraient servir au prêt. C’est d’ailleurs le chemin que semble emprunter Starling Bank.

Enfin, l’accès grandissant à la data, associé à des solutions de scoring spécialisées (comme Wiserfunding pour les PME ou Koyo Loans pour les consommateurs) fournit aux organismes prêteurs de nouvelles opportunités pour faire baisser leur taux de rejet des dossiers sans compromettre leur performance globale.

Les nouvelles facettes de la gestion de patrimoine

La gestion de patrimoine est l’un des secteurs de la fintech à n’avoir jamais vraiment été sous le feu des projecteurs, mis à part quelques cas comme les robo-advisors et le trading d’options. Malgré son fort potentiel, la gestion de patrimoine en Europe reste encore très fragmentée, ce qui rend difficile la création d’une solution standard (comme Vise ou DriveWealth aux Etat-Unis).

Néanmoins, 2021 pourrait changer la donne. Nous pensons en particulier aux classes d’actifs alternatives et à l’essor des solutions d’épargne qui mettent en avant le respect des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Ce qui se dessine en pointillés, c’est encore une fois l’effet de l’épidémie de Covid-19, tant sur la politique globale monétaire que sur les mentalités citoyennes. Comme les changements amorcés au deuxième semestre 2020 semblent l’indiquer, 2021 verra selon nous émerger une demande croissante pour des placements financiers alternatifs.

Concernant les classes d’actifs alternatives, nous croyons que 2021 sera l’année des crypto-actifs, dans la continuité de la hausse du bitcoin et de l’Ethereum. L’arrivée d’acteurs institutionnels sur ces marchés, à l’image de Goldman Sachs, BlackRock, Fidelity, Generali et Standard Chartered, ne fait que corroborer ce signal faible.

Des classes d’actifs alternatives comme l’art, l’automobile, les points de fidélité, etc. pourraient intéresser les investisseurs à la recherche de niveaux de performance plus élevés que la moyenne. C’est le cas aux Etats-Unis, avec le succès d’entreprises comme Bakkt ou Rally. En Europe, des acteurs pourraient émerger, à l’image de WiseAlpha, ou de Sorare – un jeu développé sur la blockchain qui permet d’acheter, de vendre et d’échanger des cartes de football virtuelles.

Depuis quelques années, l’heure est à l’action contre le changement climatique, et ni les asset managers ni les acteurs financiers ne sont épargnés. En parallèle, l’argent abonde dans les fonds ESG (l’Europe a récemment dépassé le seuil historique de 1000 milliards de dollars placés dans ces fonds) – l’opportunité pour les institutions capables de prendre le train en marche est réelle. Des entreprises comme Matter, Util et Netpurpose, pour n’en citer que quelques unes, pourraient servir à accompagner cette tendance grâce aux nouveaux cadres, aux outils de conformité et à la data qu’elles fournissent aux asset managers.

Des outils pour les PME toujours plus sophistiqués

Chez Blackfin Tech, nous nous intéressons de près aux outils à destination des PME depuis plus de deux ans – ce qui nous a conduit à investir dans Agicap, Likvido et Memo Bank. Pour autant, nous pensons que les opportunités sont encore nombreuses dans ce secteur. Longtemps délaissées tant par les institutions financières, les assureurs, que par les entreprises de service et de logiciels, les PME intéressent de plus en plus ces dernières, qui se sont d’abord attaquées à leur besoins en termes de productivité, avant d’adresser leurs besoins financiers et assurantiels. Depuis 3-4 ans, certaines fintech commencent à adresser les besoins financiers des PME en leur proposant des produits qui génèrent un ARPA mensuel encore limité. A partir de 2021, on devrait voir des fintech et des insurtech mettre au point des solutions plus concurrentielles, qui reposent sur une intégration produit et parcours client plus développées.

Nos pronostics en matière de développement produit sont les suivants :

  • Plateformes de gestion des salaires : avec l’apport de data financières pertinentes ; une solution qui réconcilierait les besoins des travailleurs en télétravail et de ceux en présentiel ; une solution d’orchestration capable de déployer sur plusieurs pays.
  • Logiciels d’automatisation des taxes et de la conformité : passer de l’automatisation des déclarations des indépendants à celles des PME, qui fonctionne aussi pour une PME présente dans plusieurs pays.
  • Outils de paiement des fournisseurs : proposer des options de paiement multiples, élargir la gamme de solutions à destination des plus grosses PME (supérieures à 200 employés), ajouter des fonctionnalités intégrées permettant de gérer plusieurs sources de revenus.

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